Ce qu'il faut savoir sur le cancer du poumon
Conséquence du tabagisme dans la plupart des cas, le cancer du poumon est la 2ème cause de cancer chez l'homme, derrière le cancer de la prostate et la 3ème cause de cancer chez la femme, derrière le cancer du sein et le cancer colorectal. 1 Souvent diagnostiqué tardivement, les chances de guérison du cancer du poumon sont encore limitées. Son taux de survie à 5 ans est inférieur à 20%.2 Seule prévention efficace : arrêter de fumer.
Qu'est-ce que le cancer du poumon ?
Appelé aussi cancer bronchique ou broncho-pulmonaire, il se développe primitivement au niveau des bronches puis envahit ensuite le poumon.3
On estime que 83 % des cancers bronchiques sont attribuables au tabac chez les hommes et 69,2 % chez les femmes.1
Il peut alors s'agir :
- de tabagisme « actif » : le risque augmente avec le nombre de cigarettes fumées par jour et la durée du tabagisme 3
- ou de tabagisme « passif » : les personnes qui vivent ou travaillent avec des fumeurs inhalent aussi la fumée et peuvent développer un cancer du poumon.
Est-il très fréquent ?
Le nombre de cas augmente régulièrement depuis le début du XXème siècle. L'âge médian lors du diagnostic d'un cancer du poumon est de 67 ans chez l'homme et de 68 ans chez la femme.4 Il survient rarement avant 40 ans. En France, le cancer du poumon est la 1ère cause de mortalité par cancer chez l'homme et la 3ème chez la femme. 1
On assiste à une diminution des taux de décès chez les hommes. Alors qu'à l'inverse, les taux de décès chez les femmes, tout en restant à des niveaux nettement inférieurs à ceux des hommes, progressent rapidement depuis le début des années quatre-vingt-dix. Cette évolution est due au développement du tabagisme féminin à la fin des années soixante. 5
L'épidémie liée au tabagisme étant à ses débuts, ce constat laisse présager que d'ici environ 20 ans la mortalité chez la femme par cancer bronchique dépassera la mortalité par cancer du sein. 5
Est-il grave ?
La mortalité du cancer du poumon reste importante ; il fait partie des cancers dont le taux de survie à 5 ans est inférieur à 20%. Cette mortalité varie en fonction de la localisation et du stade d'avancement du cancer. Les meilleurs taux de survie sont observés lors des stades précoces. Le risque résiduel de décès à 10 ans avoisine les 5,7% quelque soit l'âge et le sexe des patients. 2
Quels sont ses signes d'alerte ?
Les symptômes évocateurs sont malheureusement tardifs et peu spécifiques, d'où le faible taux de guérison : le taux de survie à 5 ans est inférieur à 20% ; cependant il peut être beaucoup plus important dans des formes très localisées, lorsque le dépistage du cancer est précoce. 1,2
Les symptômes évocateurs d'un cancer du poumon sont les suivants : 3
- des infections pulmonaires récidivantes,
- une pleurésie (inflammation de la plèvre),
- un essoufflement chronique,
- une toux chronique, des crachats de sang,
- une modification de la voix (enrouement),
- des douleurs au niveau du thorax ou des épaules qui irradient dans le cou ou un bras,
D'autres signes indirects peuvent évoquer un cancer du poumon :
- une altération de l'état général (fatigue, anémie, fièvre, amaigrissement),
- des odèmes dans la partie supérieure du corps (visage, cou),
- une déformation de l'extrémité des doigts et des ongles,
- des ganglions dans la partie basse du cou ou les salières (creux derrière les clavicules).
Comment établit-on son diagnostic ?
La plupart des cancers du poumon détectés précocement le sont de manière fortuite, à l'occasion d'une radiographie de thorax réalisée pour une autre raison : problème cardiaque, côtes cassées, examen de routine en médecine du travail.. Dans les autres cas, la survenue d'un ou plusieurs des signes d'alerte incitent le médecin à prescrire une radiographie du thorax. Celle-ci peut d'emblée visualiser une éventuelle tumeur ou mettre en évidence un signe indirect, comme un épanchement pleural. En cas de doute clinique et/ou radiologique, un scanner thoracique est réalisé pour détecter des lésions petites ou situées dans des zones invisibles à la radiographie.
Dans un second temps, l'endoscopie (ou fibroscopie) bronchique permet, grâce à de petits prélèvements (biopsies) et à leur analyse, d'affirmer avec certitude le diagnostic de cancer ou non.
Une fois le diagnostic de cancer du poumon confirmé, la caractérisation moléculaire de la tumeur est un critère déterminant dans le choix de la stratégie thérapeutique qui ne repose plus seulement sur le type et le stade de la maladie. 6
Quels sont les traitements ?
Le traitement est choisi en fonction du type de cancer et de son extension éventuelle à d'autres organes. Il fait appel à la chirurgie, à la radiothérapie, à la chimiothérapie et aux thérapies ciblées (cf liens sur les fiches correspondantes dans la partie traitements). Ces traitements sont prescrits « à la carte » : à chaque malade son traitement. Le meilleur traitement reste encore préventif: arrêter de fumer !
Qu'est-ce qu'une thérapie ciblée ? 6
Les traitements standards par chimiothérapie reposent sur des protocoles prédéterminés selon le type de cancer et le stade de la maladie. Cependant, une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans le cancer du poumon a permis le développement de traitements ciblés pour un groupe spécifique de patients présentant certains critères biologiques de leur tumeur.
Ces thérapies ciblées visent les mutations activatrices du récepteur au facteur de croissance épidermique (EGFR). Cette recherche de mutation de l'EGFR chez les patients atteints de cancer du poumon est réalisée dans 28 plateformes de génétique moléculaire en France. Ces plateformes sont soutenues par l'Institut National du CAncer (INCA) et la Direction de l'Hospitalisation et de l'Organisation des Soins (DHOS).
La caractérisation moléculaire devient actuellement un critère déterminant dans le choix du traitement du cancer du poumon, qui ne repose plus seulement sur le type et le stade de la maladie.
Sources :
1. La situation du cancer en France en 2009. INCA. Octobre 2009. www.e-cancer.fr
2. Survie attendue des patients atteints de cancer en France : Etat des lieux. INCA. Avril 2010-04-30. Disponible à l'adresse : www.e-cancer.fr
3. Les cancers du poumon. Ligue contre le cancer. Septembre 2009. Disponible à l'adresse : www.ligue-cancer.net
4. Guide affection de longue durée. Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. Cancer du poumon et mésothéliome pleural malin. HAS. Mai 2009. Disponible à l'adresse : www.has-sante.fr
5. Cancers et tabac. Fiche repère de l'INCA. Novembre 2009. Disponible à l'adresse : www.e-cancer.fr
6. Mutations de l'EGFR dans le cancer du poumon : mise en évidence d'une cible moléculaire permettant un accès spécifique aux thérapies ciblées. INCA. Février 2010. Disponible à l'adresse : www.e-cancer.fr