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Avec plus de 60 000 nouveaux cas en 2005, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent en France.1 Diagnostic et traitement précoces sont les meilleurs garants de survie.
Ce qu'il faut savoir sur le cancer de la prostate
Qu'est-ce que la prostate ?
La prostate est une glande sexuelle masculine située en dessous de la vessie, près du rectum et traversée par l'urètre (canal évacuateur de l'urine). Elle intervient dans la sexualité, notamment dans la formation du sperme.
Quels sont les symptômes du cancer de la prostate ?
Le cancer de la prostate se développe à la périphérie de la glande. Il reste donc longtemps silencieux. L'apparition des signes traduit souvent un stade avancé de la maladie.
Il s'agit en général de douleurs prostatiques ou plus rarement de difficultés pour uriner, de sang dans les urines, parfois de symptômes découlant de l'extension du cancer aux organes ou conduits voisins (vessie, urêtre, rectum).
Actuellement, le cancer est le plus souvent diagnostiqué avant l'apparition de symptômes, grâce aux résultats des examens biologiques.
Comment se fait le diagnostic ?
Deux examens permettent le diagnostic :
- Le toucher rectal : en cas de cancer, la prostate, normalement souple et de consistance homogène, peut présenter une induration irrégulière et indolore ;
- Le dosage de PSA (ou antigène spécifique prostatique) : Cette substance biologique est sécrétée par la prostate. Sa concentration sanguine peut augmenter dans toutes les pathologies de la prostate (hypertrophie bénigne, infections de la prostate) et surtout en cas de cancer de la prostate. Un taux de PSA élevé devra être confronté au toucher rectal et complété par d'autres examens (rapport PSA libre / PSA total, échographie) pour confirmer le diagnostic de cancer.
Ce sont ces examens qui détermineront si une biopsie de la prostate est nécessaire, car seule cette biopsie permettra de dire s'il s'agit d'une maladie bénigne ou d'un cancer.
L'analyse des cellules cancéreuses obtenues par biopsies ou ablation de la prostate permet de préciser l'agressivité du cancer en établissant un score : le score de Gleason. Ce score varie de 1 à 10. Le score de 2 correspond à une tumeur très proche d'un tissu bénin. Plus le score est élevé, plus la tumeur est agressive.
Quelles sont les différences entre adénome et cancer ?
L'adénome ou hyperplasie bénigne de la prostate n'est pas un cancer. C'est une augmentation non cancéreuse du volume de la prostate liée au vieillissement. Elle touche souvent les hommes de plus de 50 ans.2 Ses symptômes sont à peu près les mêmes que ceux du cancer.
Quelle est l'évolution d'un cancer de la prostate ?
Le cancer de la prostate se développe à la périphérie de la prostate, le plus souvent très lentement. Quand il se manifeste, c'est souvent à un stade déjà bien évolué, avec une atteinte d'autres organes (métastases). Un diagnostic précoce de ce cancer avant l'apparition des symptômes permet d'instaurer rapidement un traitement efficace ; il est le meilleur garant d'une possible guérison.
Peut-on envisager un dépistage systématique ?
Il n'existe pas encore de recommandations officielles quant au dépistage biologique systématique du cancer de la prostate. Néanmoins, l'AFU (Association Française d'Urologie) recommande vivement de réaliser une fois par an un toucher rectal et un dosage de PSA : 3
- chez tous les hommes de 50 à 75 ans
- chez tous les hommes « à risque » à partir de 45 ans (antécédents familiaux, hommes d'origine africaine ou antillaise).
Quels sont les différents traitements du cancer de la prostate ?
Il existe plusieurs types de traitement, proposés seuls ou en association. La prise en charge est multidisciplinaire et engage notamment urologue, cancérologue, médecin généraliste, radiologue, médecin spécialisé dans la prise en charge de la douleur, anesthésiste, biologiste et gériatre (si nécessaire). Elle tient compte des caractéristiques de la tumeur, de la prostate mais aussi de l'âge et du souhait du patient. 4
Chirurgie
L'ablation complète de la prostate et des vésicules séminales (ou prostatectomie totale) est destinée aux cancers à risque faible ou intermédaire, strictement localisés à la prostate. 4 Cette intervention peut laisser des séquelles importantes (impuissance, incontinence urinaire) ; ces dernières sont cependant en diminution grâce aux récents perfectionnements des techniques opératoires et à l'apport de nombreux traitements. On parle de guérison après une prostatectomie totale si la valeur du PSA est indétectable pendant au moins 5 à 7 ans après l'opération. 5
Radiothérapie externe
Le rayonnement est ici produit par une source externe, focalisée sur la prostate. La radiothérapie est un traitement standard du cancer de la prostate non-métastatique.5 Deux ou trois semaines après l'intervention, des effets indésirables liés à l'irritation des organes immédiatement voisins de la prostate (vessie, rectum, anus.) peuvent apparaître. 5
Curiethérapie
Cette technique consiste à implanter des sources radioactives dans le tissu prostatique afin de détruire les cellules cancéreuses. Elle permet d'irradier directement et de façon maximale la prostate en épargnant les organes sains avoisinants. Elle est réservée aux patients dont la tumeur est limitée à l'intérieur de la prostate. 5 Une sensation de brûlure ou d'irritation en urinant, des envies plus fréquentes d'aller aux toilettes, une gêne pour uriner, un jet moins fort et des envies « urgentes » d'uriner sont les effets indésirables les plus fréquents de la curiethérapie. Des problèmes sexuels, dont une impuissance, peuvent également apparaître. 5
Traitement hormonal
Son principe : empêcher l'action de certaines hormones sur les cellules cancéreuses afin de ralentir ou bloquer la prolifération des cellules cancéreuses. C'est un traitement général qui agit sur l'ensemble du corps.5 Ce traitement est principalement réservé aux formes évoluées ou métastatiques, seul ou associé à la chirurgie, à la radiothérapie ou à la curiethérapie. 5 La durée de l'hormonothérapie dépend du stade évolutif de la maladie.4 Des effets secondaires sur la sexualité tels que l'absence de désir ou l'impuissance sont fréquemment observés. 5
Chimiothérapie
Elle est indiquée dans le cancer de la prostate métastatique hormonorésistant sous certaines conditions. 4
Sources :
1. La situation du cancer en France en 2009. INCA. Octobre 2009. Disponible à l'adresse : www.e-cancer.fr
2. Smith AB and Carson CC. Finasteride in the treatment of patients with benign prostatic hyperplasia: a review. Therapeutics and Clinical Risk Management 2009 ; 5 : 535-545
3. Soulié M. et al. Cancer de la prostate. Prog Urol, 2004, 14, 4, 913-956, suppl. 1. Disponible à l'adresse : www.urofrance.org
4. Guide affection de longue durée. Cancer de la prostate. HAS. Septembre 2008. Disponible à l'adresse : www.has-sante.fr
5. Comprendre le cancer de la prostate. INCA. Novembre 2004. Disponible à l'adresse : www.e-cancer.fr
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