Qu'est-ce que la douleur ?
La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable. Elle est composée de ce que sent et ressent le patient. Il l'exprime à la lumière de ses expériences passées et de ses appréhensions futures. Une même expérience douloureuse sera ressentie plus ou moins intensément d'une personne à l'autre.
Physiologiquement, l'expérience douloureuse (brûlure, piqûre,...) est détectée par des récepteurs sensoriels présents dans les tissus ; elle est ensuite transmise via les nerfs sensitifs ou fibres sensorielles au cerveau qui l'intègre et l'analyse. Puis le cerveau envoie un message au corps afin qu'il réagisse.
Pourquoi et comment prendre en charge la douleur ?
La peau, très richement innervée, est particulièrement sensible à la douleur.
Pour lutter contre les douleurs liées aux soins, il existe dorénavant des anesthésiques locaux qui, appliqués sous forme de crème ou de patch, permettent de réaliser un grand nombre d'actes médicaux (vaccination, prise de sang, etc.) sans douleur et sans appréhension pour le malade.
En dermatologie, cette anesthésie facilite tous les gestes superficiels comme les traitements de verrues, les traitements par laser, etc...
Lorsque des actes thérapeutiques pénibles doivent être souvent répétés, l'utilisation d'une crème ou d'un patch anesthésique permet également d'améliorer le confort des patients.
Pour les enfants en particulier, ce type d'anesthésie est un vrai progrès qui rend les soins moins douloureux voire indolores.
Prenons l'exemple des vaccins. Il s'agit d'actes répétés chez l'enfant petit, la grande majorité des vaccins étant effectuée entre 0 et 2 ans.
Il a été prouvé que le nouveau-né et l'enfant ressentent la douleur au moins autant que l'adulte, et peut-être même davantage car leur système de contrôle de la douleur est encore immature. 1 Malgré l'absence de langage, certains outils d'évaluation permettent néanmoins d'apprécier la douleur de l'enfant afin de l'évaluer correctement. 2
Il est important de prendre en charge la douleur liée aux soins, afin de ne pas laisser s'installer la phobie des soins et des soignants. 3
Qu'est-ce que le « plan douleur » ?4
En 1998, le gouvernement a lancé le premier plan douleur, qui avait alors pour but de sensibiliser les professionnels de santé à l'importance de la prise en charge de la douleur, notamment chez les personnes hospitalisées et vulnérables.
Le 4 mars 2002, par la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, la lutte contre la douleur est reconnue comme droit fondamental de toute personne.
Huit ans après le premier plan douleur, le Ministère de la Santé lance un nouveau plan d'amélioration de la prise en charge de la douleur 2006-2010 et la déclare enjeu de santé publique. Le malade ne doit plus subir sa souffrance comme une fatalité, d'où une volonté d'information et de formation des professionnels de santé à une meilleure écoute du patient et à une prise en charge à la fois thérapeutique et psychologique. Parmi les axes retenus pour ce dernier plan douleur, on soulignera l'importance de la lutte contre la douleur pour les personnes les plus vulnérables, et en particulier les enfants et adolescents, les personnes polyhandicapées, les personnes âgées et en fin de vie.
Sources :
1. Loizzo A et al, Neurobiology of Pain in Children: An Overview. The Open Biochemistry Journal, 2009 ; 3 : 18-25
2. Evaluation et stratégies de prise en charge de la douleur aiguë en ambulatoire chez l'enfant de 1 mois à 15 ans. ANAES, mars 2000.
3. Prise en charge médicamenteuse de la douleur aiguë et chronique chez l'enfant. Recommandations. AFSSAPS, juin 2009.
4. Plan d'amélioration de la prise en charge de la douleur 2006-2010. Ministère de la santé et des solidarités. Disponible à l'adresse : www.sante-sports.gouv.fr