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La migraine est une maladie qui touche environ 12% des adultes en France, soit près de 7 millions de personnes.1 Elle affecte plus particulièrement les femmes.2
Vos questions sur la migraine
La migraine serait due à une sensibilité excessive et anormale de centres situés dans le cerveau à certains facteurs déclenchants. Selon leur intensité, ces facteurs seuls ou associés stimulent ces centres et provoquent une libération nerveuse vers les vaisseaux du cerveau et de la face. Celle-ci entraîne une dilatation des vaisseaux et une inflammation douloureuse.1
La douleur est pulsatile car les vaisseaux battent au rythme du cœur. La décharge nerveuse perturbe également les centres du cerveau qui commandent la régulation du système digestif et peut provoquer des nausées, des vomissements, des malaises, une pâleur, etc. Les facteurs déclenchants une migraine peuvent être nombreux et variés ; il peut s'agir d'un changement de pression atmosphérique ou de climat, d'un stress, du bruit, d'une chute du taux d'œstrogènes.
Ces facteurs peuvent être associés et il est parfois difficile d'identifier les raisons exactes d'une crise.
De nombreux facteurs peuvent déclencher des crises de migraine. Les patients rattachent souvent les crises à des problèmes de vue ou de lunettes. En fait, la migraine n'est habituellement pas déclenchée par un problème ophtalmologique, contrairement aux céphalées de tension qui peuvent être favorisées par un effort prolongé de fixation oculaire (travail prolongé sur écran d'ordinateur par exemple).
Les principaux facteurs déclenchants des migraines sont les facteurs psychologiques, le stress, les facteurs hormonaux, les changements climatiques, la consommation de certains aliments (chocolats, aliments gras et frits, en sauce, fromages, œufs, alcool.).1
Les modifications de rythme de vie, de rythme du sommeil (l'excès autant que le manque) sont également des facteurs déclenchants de crise de migraine; ceci explique les migraines du "week end", du lundi, à l'effort etc...3
Il est vrai que la pratique de certains sports peut déclencher des crises migraineuses ; ces migraines sont des "céphalées de l'effort", déclenchées par l'effort physique.
Il ne faut pas cependant arrêter toute activité sportive ; certains sports sont au contraire recommandés pour vous aider à vous détendre et lutter contre le stress.
Il s'agit de trouver un sport qui soit plus adapté, nécessitant un effort continu mais pas trop violent ; comme la marche, le jogging ou la natation.
Les enfants peuvent avoir des crises de migraine : 5 à 10 % des enfants sont migraineux.1
Si votre enfant semble souffrir de migraine, n'hésitez pas à consulter votre médecin. Cela peut avoir un retentissement sur le suivi scolaire et peut-être cause d'absentéisme.
La migraine de l'enfant est souvent frontale. Les crises durent en général moins longtemps que chez l'adulte (parfois moins d'une heure) et sont accompagnées de vomissements, de douleurs abdominales.
Les auras (sensations subjectives qui précèdent la migraine) sont assez fréquentes chez l'enfant ; il s'agit plus particulièrement d'hallucinations visuelles qui peuvent impressionner l'enfant : sentiment de voir les objets plus petits qu'ils ne le sont en réalité, inversions des images, hallucinations...
L'endormissement qui peut terminer la crise permet de faire disparaître les derniers symptômes.
Le « cocktail » tabac plus pilule accroît le risque d'accident vasculaire cérébral (ou «attaque cérébrale»), risque qui augmente avec l'âge. C'est la raison pour laquelle la pilule est déconseillée aux fumeuses de plus de 35 ans. Chez les migraineuses qui fument et qui prennent la pilule, le risque est encore plus élevé : des études ont démontré qu'il est multiplié jusqu'à 3.4
Votre médecin a donc raison de vous demander d'arrêter de fumer.
Un traitement de crise permet de soulager une crise migraineuse lorsqu'elle a débuté. Il en réduit la durée et l'intensité. Il existe de nombreux traitements de crise et votre médecin saura déterminer la solution qui vous est adaptée.
Cependant, ce sont des traitements qui ne sont pas à prendre tous les jours ; si la nécessité de les prendre devient trop fréquente, il faut retourner voir votre médecin : votre état peut justifier un traitement de fond.
Le traitement de fond a pour objectif de réduire la fréquence de survenue des crises et d'en diminuer la durée et l'intensité. Plusieurs catégories de médicaments peuvent être utilisées.
Le fait de prendre un traitement de fond n'interdit pas, si une migraine survient, de prendre un traitement de crise ; mais il faut tenir compte des interactions médicamenteuses et informer votre médecin ou votre pharmacien des traitements que vous prenez afin qu'il en tienne compte dans sa prescription ou son conseil.
Ce ne sont plus des « migraines » au sens strict puisque la céphalée est devenue quotidienne. Il s'agit alors de ce que l'on appelle actuellement des « céphalées chroniques quotidiennes ».
Cette situation est relativement fréquente et habituellement entretenue par un abus médicamenteux (quel que soit le traitement de crise utilisé). En effet, les migraines, comme les céphalées de tension, peuvent, pour des causes méconnues souvent liées au stress, augmenter en fréquence et ne plus réagir aussi efficacement au traitement habituel. Ceci conduit à une augmentation inappropriée de la prise de médicaments et un cercle vicieux s'installe.
Cela n'a rien de grave mais il faut rompre ce cercle vicieux. Parlez-en à votre médecin traitant ; il saura vous traiter de manière à, non seulement soulager vos douleurs, mais aussi à vous sevrer en médicaments, et ce de manière d'autant plus urgente que l'abus de médicament est sévère. Une fois que la situation actuelle sera rétablie, vous pourrez reprendre vos traitements habituels.
Il ne faut pas confondre la migraine avec le mal de tête classique. La migraine peut en effet être très intense et perturber de façon très importante la vie des patients qui en sont atteints (de 1 à 3 jours d'inactivité totale par crise). Certaines crises sont si douloureuses que des personnes vivent dans la crainte de leur future attaque de migraine. C'est un des troubles du système nerveux les plus fréquents dans la population
Non, il ne faut pas considérer la migraine comme une maladie psychologique. La migraine est une maladie complexe dont les mécanismes sont encore mal connus. On ne sait pas pourquoi se déclenche un jour une maladie migraineuse, mais l'on sait que les conséquences et le retentissement psychologiques sont importants (ce que l'on ne doit pas prendre pour la cause).
La migraine est à l'origine d'un retentissement important sur le travail et la vie de tous les jours. Elle peut également être à l'origine d'un handicap social, affectif, voire sexuel.
Certains facteurs comme les changements de rythme de vie, des modifications du rythme du sommeil, peuvent induire des crises de migraine. Il ne faut donc pas étiqueter comme « psychologiques » les migraines du week-end ou les migraines du lundi ; il n'y a pas à s'en sentir coupable, elles ne sont pas simulées mais sont la conséquence d'un changement de rythme.
Les facteurs déclenchants des crises de migraines sont en fait très nombreux et varient d'une personne à l'autre.
En matière de facteurs alimentaires, il n'existe pas de régime particulier, mais de nombreux aliments peuvent déclencher des crises : il s'agit le plus souvent du chocolat et des boissons alcoolisées (mais ce peut être également les œufs, certains fromages, les graisses cuites,.) ; pour certains, la caféine peut favoriser les crises, pour d'autres non. C'est à vous, avec l'aide de votre médecin traitant, de déterminer les aliments qui ont pu déclencher, dans le passé, des crises migraineuses et les éviter si possible.
Il est également important d'éviter les épisodes d'hypoglycémie qui peuvent déclencher des crises.
Les changements de rythme de vie sont également des facteurs de déclenchement : il est important d'avoir un sommeil régulier lorsque l'on est migraineux ; car l'excès de sommeil comme le manque peut favoriser les crises.
La pratique d'un sport régulier peut avoir un effet favorable, par réduction du stress, bien que le sport puisse parfois, chez certains, induire une crise.
Chez la femme, la vie hormonale joue un rôle important dans la survenue des crises. Ainsi, les migraines s'aggravent au cours des règles et s'estompent dans 2/3 des cas après la ménopause.1
Ainsi la maladie peut souvent débuter à l'adolescence, les crises peuvent être déclenchées par les règles (crises cataméniales), s'améliorer pendant la grossesse et la ménopause, et s'aggraver transitoirement après un accouchement.1
La contraception orale peut améliorer ou aggraver la maladie migraineuse. Quoiqu'il en soit, l'association migraine + pilule + tabagisme est à proscrire, car elle augmente le risque d'accident vasculaire cérébral. La migraine n'est pas une contre-indication au traitement hormonal substitutif, chez la femme ménopausée.
Il n'existe pas d'anomalies physiques et/ou biologiques en rapport avec la migraine.
Dans les crises typiques de migraine, notamment sans aura qui sont les plus fréquentes, les examens complémentaires sont inutiles. C'est l'interrogatoire et l'examen neurologique qui font le diagnostic.
Il est notamment inutile de réaliser des examens complémentaires digestifs : bien que les migraines soient souvent accompagnées de nausées et de vomissements, ce ne sont pas des problèmes digestifs qui sont en cause. De même, il est le plus souvent inutile de faire un scanner ou une IRM.
Les crises de migraine peuvent débuter par des signes neurologiques localisés (aura), qui durent en moyenne 10 à 30 minutes et précèdent la céphalée. Ces signes ont tendance à progressivement s'étendre (par exemple, troubles visuels) puis à régresser avant même que les maux de tête n'apparaissent.
Il est impératif de décrire, aussi précisément que possible, ces troubles à votre médecin traitant afin d'être sûr qu'il s'agit bien d'une migraine.
A l'exception de l'aura, qui fait souvent partie intégrante de la crise, les crises de migraine n'entraînent pas de complications neurologiques.
Dans le langage courant, on confond souvent migraine et céphalée, même si pour les médecins, ces termes ne sont pas synonymes : la céphalée désigne le mal de tête au sens large. La migraine est donc une céphalée parmi d'autres.
Selon la Société internationale des céphalées (IHS) il existe 13 variétés de céphalées.2 Citons la céphalée dite de tension, l'une des plus courantes avec la migraine et la plus fréquemment confondue avec elle. Ou encore les algies vasculaires de la face, salves de crises d'une durée de 20 minutes à 1 heure, extrêmement douloureuses, unilatérales (toujours du même côté) et accompagnées de congestions nasales, écoulements et larmoiements.
Le vertige est un trouble neurologique, sous l'influence duquel on croit être animé d'un mouvement giratoire et oscillatoire.
Il est vrai que chez les tout petits (moins de 4 ans), le "vertige paroxystique bénin" de l'enfance peut être rattaché à la migraine. Il se traduit par des épisodes très courts mais fréquents pendant lesquels l'enfant est saisi de vertiges rotatoires ; il a l'impression de "tourner comme une toupie".
Au bout de quelques années, les vertiges disparaissent et peuvent laisser place à des crises de migraine typiques. Mais le vertige peut trouver sa cause dans d'autres pathologies ; il est donc indispensable, si votre enfant souffre de vertiges, de consulter votre médecin.
Une aura survient dans 25 % des crises de migraine de l'adulte.2 Les autres souffrent de migraine dite commune.
L'aura est une sensation subjective passagère qui précède la céphalée, c'est-à-dire le mal de tête proprement dit.
Ces sensations sont le plus souvent visuelles (tâches, éclairs ou zigzags brillants appelés scotomes, flou d'une partie du champ visuel) mais peuvent être sensitives (fourmillements, engourdissement des doigts, de l'avant-bras, du visage). Plus rarement, quand cet engourdissement touche le visage, il peut exister des troubles du langage (aphasie).
Les troubles s'installent en quelques minutes et durent en moyenne 10 à 30 minutes. Le mal de tête suit ou accompagne l'aura après moins d'une heure. Certains migraineux alternent des crises avec et sans aura. Parfois, l'aura peut apparaître sans être obligatoirement suivie d'une céphalée.
Sources :
1. Migraine. Dossier réalisé en collaboration avec M. Hamon et H. Massiou. Fondation pour la recherche médicale. Dec 2006. Disponible à l'adresse : www.frm.org
2. Recommandations pour la pratique clinique. Prise en charge diagnostique et thérapeutique de la migraine chez l'adulte et chez l'enfant : aspects cliniques et économiques. ANAES, octobre 2002
3. Rains JC. Optimizing circadian cycles and behavioral insomnia treatment in migraine. Curr Pain Headache Rep. 2008 Jun;12(3):213-9.
4. Delcroix M, Jacquemont ML. La femme, les veines et le tabac. Phlébologie 2003, vol 56 (3) : 247-251.
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