Traitement et définition du paludisme - AstraZeneca

Le paludisme touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement les zones tropicales défavorisées. On estime à 250 millions le nombre de cas de paludisme chaque année, dont près d'un million de cas mortels. 1

 

Ce qu'il faut savoir sur le paludisme

  • Qu'est-ce que le paludisme ?

    Le paludisme (ou malaria) est une maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium dont il existe 4 espèces spécifiques : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale et Plasmodium malariae. Il est transmis à l'homme par une espèce de moustique particulier : les anophèles, et uniquement par les anophèles femelles. Il peut se contracter dans presque toutes les régions chaudes intertropicales du globe, là où peut vivre ce moustique, principalement l'Afrique sub-saharienne, l'Asie du sud-est et l'Amérique latine.


    Le paludisme touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement les zones tropicales défavorisées. On estime à 250 millions le nombre de cas de paludisme chaque année, dont près d'un million de cas mortels.1

  • Quel est le mécanisme du paludisme ?

    La transmission du parasite se fait par l'intermédiaire de la salive de l'anophèle femelle qui vient piquer l'homme. Le Plasmodium gagne le foie par la circulation sanguine. Pendant une semaine environ, il se multiplie et se transforme dans les cellules du foie qui finissent par éclater. Une partie des parasites est transformée et libérée dans la circulation sanguine. Ils vont alors infester les globules rouges, s'y multiplier et se transformer à nouveau, puis entraîner l'éclatement de ces globules rouges, ce qui va libérer de nouveaux parasites qui vont coloniser d'autres globules rouges et ainsi de suite. L'éclatement en grande quantité et en même temps des globules rouges (hématies) occasionnent des crises (ou "accès palustre"), qui sont des accès de fièvre importants. Ces accès peuvent être fatals lorsque l'infection est due à Plasmodium falciparum.


    Le cycle de transformation du parasite dans les globules rouges dure entre 48 et 72 heures selon l'espèce du parasite ; les crises surviennent toutes les 48 ou 72 heures.


    Les parasites qui sont restés dans le foie se multiplient plus tard et occasionnent des rechutes plusieurs mois (Plasmodium falciparum) ou années (autres espèces) après, même sans nouvelle piqûre d'anophèle.


    La propagation de la maladie est ensuite simple : un anophèle qui pique une personne infectée va ainsi prendre ce sang contaminé et le transmettre à une autre personne à l'occasion d'un autre repas sanguin, et ainsi de suite.

  • Quels sont les signes du paludisme ?

    Lorsque les Plasmodium commencent à gagner le sang et à s'y multiplier, soit entre 7 et 14 jours après la piqûre de moustique (le temps de la multiplication dans le foie), apparaissent des symptômes encore peu évocateurs, avec surtout une fièvre, accompagnée fréquemment de troubles digestifs (embarras gastrique, nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhées).


    L'évolution dépend ensuite de l'espèce responsable.


    Lorsque la maladie est occasionnée par l'espèce Plasmodium falciparum, elle est la plus dangereuse car elle peut être responsable d'un accès pernicieux (ou neuropaludisme) et du décès.1 En effet, les globules rouges parasitées par ce Plasmodium bouchent les vaisseaux sanguins du cerveau, pouvant entraîner des maux de tête intenses, une confusion, des convulsions, une agitation voire le coma. Ils peuvent ainsi atteindre les vaisseaux d'autres organes (rein, foie notamment). En l'absence de traitement, l'évolution de l'accès pernicieux est mortelle.


    Lorsque la maladie est liée à d'autres espèces que Plasmodium falciparum, la crise de paludisme (quand tous les globules rouges éclatent en même temps) se caractérise par la succession, tous les 2 ou 3 jours, de frissons intenses (pendant plusieurs heures, le malade a très froid et n'arrive pas à se réchauffer), d'une forte poussée de fièvre (pendant 3 ou 4 heures, la température s'élève jusqu'à 40-40,5°C, entraînant notamment d'importants maux de tête), des sueurs et une grande fatigue. Chaque accès dure entre 6 et 8 heures. En l'absence de traitement spécifique, ils se répètent à un rythme variable avant de disparaître spontanément après un certain temps (plusieurs semaines à plusieurs années d'évolution selon l'espèce en cause), guérissant alors sans séquelle.


    Une crise peut entraîner une altération de l'état général, une anémie (liée à la destruction des globules rouges) ou une splénomégalie (augmentation du volume de la rate, l'une des fonctions de la rate étant d'éliminer des globules rouges inutilisables par l'organisme comme ceux anormaux du paludisme).

  • Comment se fait le diagnostic ?

    Toute fièvre au retour d'un pays tropical doit faire penser au paludisme. Le diagnostic est réalisé à partir d'une goutte de sang qui est ensuite étalée sur une lame porte-objets, fixée, colorée et examinée au microscope (frottis sanguin, examen rapide mais manquant de sensibilité, et goutte épaisse, examen plus lent mais plus sensible).

  • Comment traiter le paludisme ?

    Selon la gravité de l'accès palustre et l'espèce du parasite, le traitement peut se faire par voie orale ou intra-veineuse, avec différents médicaments anti-paludiques ayant des mécanismes d'action différents. Malheureusement, au fil des années et en partie à cause d'une mauvaise utilisation des médicaments sur le terrain, le parasite le plus dangereux (Plasmodium falciparum) a développé des résistances à certains antipaludiques. 1

  • Est-il possible d'éviter le paludisme ?

    Des traitements préventifs existent, différents selon les régions. Avant de se rendre dans un pays tropical où sévit le paludisme, il est donc indispensable de consulter un médecin, de préférence spécialisé dans la médecine des voyages. Mais si cette chimioprophylaxie diminue le risque d'être infecté ou d'avoir une forme grave de la maladie, elle n'est pas infaillible et doit donc absolument être associée à des mesures de protection contre les moustiques, qui piquent le plus souvent le soir et la nuit : porter le soir des vêtements longs et amples, serrés aux poignets et chevilles et imprégnés d'insecticide, porter des chaussettes et chaussures fermées, dormir avec l'air conditionné ou sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide, protéger les fenêtres avec une moustiquaire, appliquer des répulsifs sur tout le corps, utiliser des insecticides à l'intérieur et à l'extérieur.

Sources :

1. Quel est le meilleur traitement contre le paludisme ? Pourquoi associer plusieurs médicaments ? Questions-réponses. OMS, 14 décembre 2009. Disponible à l'adresse : www.who.int