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Le paludisme touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement les zones tropicales défavorisées. On estime à 250 millions le nombre de cas de paludisme chaque année, dont près d'un million de cas mortels. 1
Vos questions sur le paludisme
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Le paludisme (du latin palus, paludis : le marais) ou malaria (de l'italien mala aria : mauvais air) est une maladie infectieuse tropicale grave qui peut entraîner la mort. Cette maladie est provoquée par de petits parasites et est transmise par un moustique, l'anophèle, qui sévit surtout dans les régions tropicales et intertropicales (notamment dans les régions chaudes et marécageuses). Lorsque vous êtes piqué par un anophèle, celui-ci injecte un fluidifiant dans le sang pour pouvoir ensuite le sucer. Lors de l'injection du fluidifiant, les agents pathogènes de la maladie (les parasites) vont s'introduire dans la circulation sanguine et se multiplier dans le foie.
Il existe différents types de paludismes. Leurs symptômes peuvent diverger fortement et ressemblent parfois fortement à ceux de la grippe. Les principaux symptômes sont : fièvre (souvent forte) avec tremblements, diarrhées, sentiment de malaise généralisé, nausées, douleurs musculaires et articulaires.
Le paludisme est transmis par un moustique tropical : l'anophèle. Seul l'anophèle femelle transmet le paludisme. Le moustique lui-même est infecté en suçant le sang d'une personne contaminée. Il est important de savoir que le vol de l'anophèle est silencieux et sa piqûre indolore.
Non, tous les moustiques ne sont pas des anophèles et en outre, tous les anophèles ne sont pas porteurs de parasites. Vous ne devez cependant jamais présumer qu'un moustique n'est pas contagieux. La prudence reste donc de rigueur.
L'anophèle sévit dans les pays tropicaux, surtout dans les régions chaudes et humides. Pourtant le paludisme peut aussi exister dans les régions sèches et au bord de la mer. Dans les régions relativement élevées, au-delà de 1500 mètres, le paludisme n'existe pratiquement pas. L'anophèle s'active surtout après le coucher du soleil. Les régions où sévit le paludisme changent régulièrement. Avant de vous rendre en voyage dans un pays tropical, il est donc toujours prudent de contacter votre médecin. Ainsi sur la base des dernières données épidémiologiques, il pourra vous indiquer précisément si, dans une région donnée, il existe un risque de contamination.
Vous pouvez réduire fortement les risques de contamination grâce à un certain nombre de mesures préventives simples :
- En premier lieu, il est important que vous évitiez d'être piqué. Pour cela, portez de préférence des vêtements protecteurs, surtout entre le coucher et le lever du soleil.
- En utilisant un produit répulsif anti-moustique adapté et en dormant sous une moustiquaire de préférence imprégnée d'insecticide, vous pourrez prévenir beaucoup de piqûres.
- Allumez la climatisation dans votre chambre ; les risques de piqûres diminueront ainsi fortement.
- Avant d'aller dormir, contrôlez s'il n'y a pas de moustique dans la chambre ni sous la moustiquaire.
Contrôlez régulièrement la qualité de la moustiquaire et réparez-la si nécessaire, ou remplacez-la par une nouvelle et pensez à sa ré-imprégnation d'insecticide.
- Ne vous couchez jamais contre la moustiquaire.
Outre les mesures précitées, il est important que vous preniez régulièrement des médicaments pour prévenir le paludisme. Il existe différents types de traitements préventifs du paludisme. Celui qui vous conviendra le mieux dépendra entre autres de votre état de santé, de la région dans laquelle vous vous rendez, de la durée et des conditions de votre séjour. Parfois, le traitement préventif pourra débuter quelques jours ou quelques semaines avant le départ, selon le type de traitement prescrit par votre médecin. Il est donc important de se le faire préciser par son médecin ou son pharmacien.
Tous les traitements préventifs doivent être absolument pris pendant une à quatre semaines (selon le type de médicament) après avoir quitté une région contaminée par le paludisme. En effet, lorsque le parasite se trouve dans votre sang, si vous arrêtez trop tôt le traitement préventif, celui-ci pourra se multiplier dans votre organisme, même après votre retour.
Important : aucun traitement préventif du paludisme n'offre une protection à 100%. Pour maintenir le risque de contamination le plus bas possible, outre l'absorption du traitement préventif, vous devrez également suivre les autres mesures préventives (voir plus haut).
Tout comme n'importe quel autre médicament, le traitement préventif du paludisme peut avoir des effets secondaires. Leur nature et leur étendue dans votre cas dépendent du type de voyage et de votre état général de santé. Informez-vous largement avant le début du voyage pour savoir quel traitement préventif est le mieux adapté à vous et à votre destination. Il est nécessaire de consulter votre médecin afin qu'il vous informe des possibles effets secondaires du traitement antipaludique qu'il vous aura prescrit.
Non, même si des travaux de recherche sont en cours depuis des années.
Non, ce n'est pas toujours possible et cela dépend du type de traitement préventif dont vous avez besoin. Aussi, si vous prenez des médicaments, il est important de vous informer auprès de votre médecin avant le départ pour savoir quel type de traitement préventif vous convient le mieux.
Non, pas toujours. Cela dépend du type de traitement préventif et de la maladie dont vous souffrez. Il est important de vous informer auprès de votre médecin.
Non, la quantité dépend de l'âge et du poids de l'enfant.
Oui, car le fait d'avoir déjà été infecté par le paludisme ne protège pas d'une nouvelle contamination.
Au plus tôt, les premiers symptômes pourront apparaître une semaine après la piqûre, mais cela peut aussi bien être le cas après un mois. En cas de formes moins sévères du paludisme, celle-ci peut même attendre six mois pour se déclarer. N'oubliez pas que le retard de diagnostic est la première cause de gravité de cette maladie.
Le paludisme est la maladie parasitaire la plus fréquente en France et la plus largement répandue dans le monde.
Ce fléau est une priorité de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). On estime à 250 millions le nombre de cas de paludisme chaque année, dont près d'un million de cas mortels.1
Le Centre National de référence (CNR) du Paludisme estime à environ 4400 le nombre de cas de paludisme dit d'importation en France en 2007. Près des 3/4 des cas surviennent chez des patients d'origine africaine vivant en France. 2
Il existe en effet différentes formes de paludisme correspondant chacune à un type particulier de Plasmodium (parasite du paludisme) et qui sévit dans des zones géographiques bien déterminées :
- le Plasmodium falciparum est l'espèce la plus dangereuse pouvant entraîner la mort. Il sévit surtout en Afrique tropicale, en Amérique Centrale et du Sud, en Asie du Sud-Est ;
- le Plasmodium vivax se retrouve en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Afrique de l'Est ;
- le Plasmodium malariae est plus rare ;
- le Plasmodium ovale est exceptionnel.
Un accès palustre est un ensemble de symptômes dû à l'infection par le Plasmodium qui se traduit par l'apparition soit d'une fièvre 1 jour sur 2 (appelée fièvre tierce) soit 1 jour sur 3 (appelée fièvre quarte). L'accès se déroule en 3 phases : des frissons intenses pendant au moins 1 heure, accompagnés d'une montée de température à 40°C ; puis une fièvre sèche qui dure d'1 à 3 heures ; et enfin des sueurs abondantes durant 1 à 3 heures où la température retombe.
Un traitement médicamenteux prophylactique du paludisme est absolument nécessaire avant de voyager en zone impaludée. Celui-ci vous sera prescrit par votre médecin traitant en fonction de différents paramètres.
Les critères de choix du traitement sont liés à l'individu : l'âge, l'éventuel état de grossesse, la tolérance à l'antipaludique, les conditions de séjour. Ils sont également liés à la durée, la période et la destination du séjour : région forestière ou citadine, altitude, saison, particularismes locaux. Enfin le choix se fait surtout en fonction du degré de chloroquino-résistance du parasite dans la zone visitée (dans certaines zones du monde il existe des paludismes résistant au traitement habituel).
Plusieurs moyens de prévention existent : les moyens actifs comme la protection contre les piqûres d'anophèles et les moyens thérapeutiques par traitement prophylactique approprié en fonction des zones de quinino-résistance.
Il est indispensable d'observer simultanément la double protection (contre les piqûres de moustique et la chimioprophylaxie). Aucun moyen préventif n'assure à lui seul une protection totale.
Les zones de résistance aux antipaludiques sont des zones définies géographiquement où les parasites sont devenus moins sensibles et plus résistants à de nombreux agents antipaludiques.
Lorsque le paludisme a été diagnostiqué, le traitement doit être rapide afin d'éviter la persistance de la fièvre qui peut durer jusqu'à 15 jours et s'accompagner de l'apparition d'une grosse rate.
S'il s'agit du type Plasmodium falciparum, le risque de passage à l'accès pernicieux est alors élevé.
L'accès pernicieux se caractérise par l'apparition de troubles neurologiques tels que : obnubilation, somnolence, convulsions, faiblesse extrême et parfois coma, ainsi que des troubles digestifs tels que : hémorragie digestive, vomissements, un gros foie.
Non traité, l'accès pernicieux est fatal en 2 ou 3 jours. Correctement traité, la guérison se fait sans séquelles.
L'évolution d'une crise initiale de paludisme est imprévisible. Il s'agit donc d'une urgence médicale. Une prise en charge hospitalière dans les premières heures ou premiers jours du traitement d'un accès non compliqué est nécessaire. Sans critère de gravité ni vomissements, le traitement est prescrit par voie orale. Un patient diagnostiqué, présentant un seul signe de gravité, doit être admis en unité de soins intensifs ou réanimation. Le traitement se fait par voie intraveineuse.
Un accès palustre survenant chez une femme enceinte est grave essentiellement parce que la fièvre élevée peut déclencher un accouchement prématuré voire une fausse couche.
Cela varie en fonction du parasite. Le cycle de Plasmodium comprend deux étapes : une chez l'homme, et une chez le moustique.
Le moustique femelle injecte à l'homme le parasite. Celui-ci migre dans la circulation sanguine et va dans le foie. Il se multiplie en des dizaines de milliers de parasites. Ceux-ci rejoignent le sang et se multiplient à leur tour au sein des globules rouges.
Plasmodium vivax et Plasmodium ovale peuvent subsister sous une forme latente dans la cellule du foie de l'homme. Cela peut provoquer des rechutes tardives de paludisme.
Plasmodium ovale n'entraîne pas de décès mais peut provoquer des rechutes 4 à 5 ans après la primo infection.
Plasmodium malariae peut lui entraîner des rechutes jusqu'à 20 ans après le premier épisode.
Si le premier traitement est insuffisant ou non adapté, on peut en effet avoir une rechute du paludisme et cela dépend du type de Plasmodium.
En d'autres termes : existe t-il une immunité contre le paludisme ?
Les résidents en zone d'endémie ont la possibilité d'héberger les parasites sans avoir les signes cliniques de la maladie : leur organisme s'y est habitué et adapté ; cependant des accès fébriles peuvent subvenir quelquefois en raison d'une perte provisoire d'immunité.
Dans les régions où le paludisme est très présent, les personnes sont souvent infectées. Après de nombreuses années, cela aboutit au fait qu'elles finissent par être naturellement immunisées. Ces personnes ne présentent pas de symptômes alors qu'elles sont infectées.4
Oui, on peut être atteint du paludisme sans en avoir les symptômes ; c'est ce que l'on nomme la période d'incubation qui est la période pendant laquelle le parasite circule dans notre sang mais ne provoque pas encore de troubles cliniques.
Sa durée dépend du type du Plasmodium ; la période d'incubation du Plasmodium vivax, par exemple, varie de 15 jours à plusieurs mois.
Dans le cas d'une infestation par Plasmodium falciparum, la fièvre peut se déclarer dans l'année qui suit le séjour en zone d'endémie. Plasmodium vivax, malariae et ovale peuvent provoquer des accès au-delà d'un an.
Sources :
1. Quel est le meilleur traitement contre le paludisme ? Pourquoi associer plusieurs médicaments ? Questions-réponses. OMS, 14 décembre 2009. Disponible à l'adresse : www.who.int
2. Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2008. INVS. BEH n°25-26 juin 2008.
Disponible à l'adresse : www.invs.sante.fr
3. Le Loup G and al. Paludisme d'importation. EMC Maladies infectieuses [8-507-A-15].
4. Le paludisme. Institut Pasteur. Disponible à l'adresse : www.pasteur.fr
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